| La 2ème Guerre Mondiale
 

PHOTO D'UN GROUPE DE FFI
AGENTS DE LA BANQUE

   
    
 

 

Ecrit par un ancien pompier à la Banque de France
Ancien du groupe FFI Janey

 
Le service des pompiers de la Banque de France a retrouvé dans ses archives et fait don à l'Association d'une photo prise en août 1944 d'un groupe FFI, tous agents de la Banque. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
   
 

ncien membre de la Résistance - commission militaire ex.COMAC n ° 126 102 - conformément aux ordres reçus, j'ai rejoint la Banque centrale à

l'insurrection de Paris et été affecté au Comité parisien de libération du sous-groupe de la Banque de France n° 1O9. (...)
   
  Malgré mon âge, les dates mises à part, je me souviens très bien de cette période :

- Fermeture générale de la Banque.

- Protestation du personnel dans la cour vitrée, suivie quelques jours plus tard de l'arrestation de notre camarade Bonnet - transféré au camp de Drancy et mort en déportation.

- Le grand drapeau - peut-être le plus grand ou l'un des plus grands fait avec des moyens de fortune - hissé sur le toit de ce qu'on appelait, à l'époque, la nouvelle banque, et qui servait de dépôt aux troupes allemandes.

- Puis l'assaut de ce drapeau par un détachement de la Feldgendarmerie allemande - entraînant un de nos camarades pompiers - pour arracher ce drapeau, malgré les coups de feu tirés des immeubles voisins.

- Ensuite, après avoir enfoncé les portes de certains logements rue de Valois, où se trouvaient de petits drapeaux français et alliés, les feldgendarmes brisèrent tout à l'intérieur - je ne me souviens plus des numéros de la rue, je m'en excuse.

- L'attaque d'un char allemand à la bouteille à essence jetée des immeubles entre la rue Radziwill et la rue de la Banque - voir journal du Front national n° 3 du 24 août 1944.

- L'assaut donné par les pompiers de la Banque à l'entrepôt gardé par les troupes allemandes dans la nouvelle banque.

- La remise de trois prisonniers allemands au Comité des halles.

- La haie d'honneur par les pompiers pour le dépôt d'une gerbe au monument de la cour d'honneur par le nouveau gouverneur. (...)
   
  Tout ceci est bien loin, les années ont passé, chacun a repris ses habitudes sans jamais oublier ceux qui sont morts pour la France et, en ce qui concerne particulièrement notre camarade Bonnet. (...)

Voici quelques autres anecdotes de cette période.

- Pendant les alertes, les portes fermées, le personnel descendait à la salle forte, nous fermions tous les puits de celle-ci et une garde était assurée au poste de vigie.

- Rue des Petits-Champs. un soldat de la division Leclerc, pendant l'insurrection, cherche un restaurant. A cette époque trouver un restaurant dans le quartier était chose impossible. S'adressant à deux pompiers de la Banque en mission, ceux-ci lui proposent, s'il le désire, de venir partager leur repas qui était, tant bien que mal, préparé par Monsieur Bonnardet, gérant du buffet de la rue du Colonel-Driant. C'est ainsi que notre groupe est devenu le groupe Janey, du nom de ce soldat.

- Nos moyens de défense étaient plutôt faibles : quelques revolvers, un fusil Lebel dont la crosse était cassée - grâce à un de nos camarades menuisiers celle-ci a été refaite dans l'atelier de menuiserie au 31 rue Radziwill et, quelques bouteilles d'essence, fabriquées par notre chef, ancien chimiste, quelques grenades et c'était tout notre armement.

- Chaque pompier disposait d'un brassard " Défense Passive " avec le tampon de la Préfecture de Police et celui de la Banque de France. Ce qui nous permettait de circuler pendant les alertes et d'assurer la sécurité A l'envers de ce brassard une petite bande tricolore, trois lettres FFI, le numéro et le tampon du Comité de libération de la Banque ; puis ceux-ci ont changé : une bande tricolore, trois lettres : GCR " Garde civique et républicaine de la Banque de France ".

- Certains camarades ont rejoint les troupes combattantes. D'autres sont partis pour procéder au rapatriement des déportés d'Allemagne. Quant à moi, je suis resté à la Banque centrale, n'ayant pas été accepté, à la suite de la visite médicale, pour un souffle au coeur.