| La 2ème Guerre Mondiale
 

La drôle de guerre 1939-1940

   
    
   
 

 

CARNET DE ROUTE

 

 

Je pars le 2.09.1939 avec la première vague de mobilisation pour Grenoble, mon centre mobilisateur. A l'arrivée, à 23 h, personne pour nous guider. A la caserne Vinay, il n'y a plus un banc de libre et je vais dormir -je ne suis pas le seul- sous un arbre, en ville. Le matin, de retour à Vinay, on nous prend nos fascicules de mobilisation et nos livrets militaires : je suis provisoirement caserné à Dodde -où la nourriture est infecte- et affecté comme télégraphiste au 28° génie de Montpellier. Pendant les quatre jours qui suivent, ne n'ai rien d'autre à faire que d'arpenter la ville -fort belle- ou de lire les nouvelles à la vitrine du Petit Dauphinois.

 

Après un faux espoir d'affectation à Clermont Ferrand -ce n'est pas le premier "boutéon"

et ce ne sera pas le dernier ! - je fais partie d'un groupe de 107 expédiés le 7 septembre à La Terrasse où, là non plus, nous ne sommes pas attendus. Après avoir pris un en-cas dans un café, ou jeûné pour certains, nous avons le lendemain un repas improvisé qui fait regretter Dodde, c'est tout dire ! Pour dormir, chacun se débrouille et je me retrouve dans une grange bruyante. Les choses s'améliorent en quelques jours et le temps s'écoule en corvées, marches, conférences. Pour l'habillement, chacun choisit dans le tas ; certains effets remontent au conflit 1914-18 et naturellement, rien ne va. Le 15 septembre, notre armement nous est retiré : un imbécile a vendu des cartouches à un Italien pour aller boire au bistro. Je découvre les environs chaque fois que je le peux, Touvet, Toncin et son château, Goncelin, St Bernard... Il faut attendre trois semaines, le 21 septembre exactement, pour recevoir les deux premières lettres de Rosny. Une lettre de Farges m'apprend que mon beau-frère Placide est mobilisé à Domène ainsi que le cousin Comte de Trintignac. Saisissant une occasion, nous pouvons nous rencontrer. Mes premières impressions durant ce premier mois aux armées sont l'improvisation, et parfois même, la gabagie.

Le 17 octobre, nous sommes envoyés à la Mure, une localité importante de l'Isère. Repas improvisé et logement au dessus d'une porcherie bruyante : ça rouspète dur ! Heureusement, dès le lendemain, nous dénichons un local agréable au premier étage d'une usine désaffectée, la Ganterie Perrin. Nous y portons de la paille et nos bardas, et il y a même du chauffage. Dès la nuit de notre arrivée, il faut aller dépanner deux sections "hippo" arrêtées dans la dure côte de Laffrey ; autre exemple d'imprévision et d'inadaptation !

 

Notre mission consiste à installer une ligne téléphonique entre La Mure et Pierre Chatel : creuser des trous, dresser des poteaux, fixer les isolateurs, poser et tendre les fils sans les emmêler... Je profite de mes instants de loisir pour explorer les environs : Ponsonnaz, Le Drac, St Arrey, et pour lire ou écrire au Foyer du Soldat.

Le 7 novembre, nous devons, hélas, quitter le local de la Ganterie Perrin où certains "ont été trop bruyants". A six, nous trouvons une chambre sale, face à la Poste, que nous nettoyons et aménageons. Nous avons l'occasion de visiter une laiterie et de comprendre le travail qui s'y réalise.

Le 8 novembre, nous attaquons la pose de la ligne, sur la section Pierre Chatel-Petichet, et nous sommes parfois gênés par le mauvais temps et la neige. Je passe la visite d'incorporation le 20 novembre ; il était temps ! Dimanche 26 : alors que je me promène, je suis hélé d'une auto. C'est un camarade qui me fait monter pour un superbe circuit, Viaduc de la Roizonne, Valbonnas, entraygues, Le Perrier, Col d'Ornon, Bourg d'Oisans, La Romanche et retour.

 

Le 28 novembre, je pars en permission avec Roche, un ancien condisciple au "Pensionnat, au Puy. Le temps passe trop vite et je reviens à la Mure le 11 décembre. Curieusement, les trains de permissionnaires arrivent ou se forment à Massy-Palaiseau, ce qui fait perdre bien du temps.

 

A La Mure, la ligne est terminée et j'arrive à apprendre notre prochain départ. Il a lieu le 21 décembre et s'effectue en trois étapes. La première, par la Cote de Laffrey, nous conduit à Morestel où nous couchons chez l'habitant. Je tombe sur des braves gens. La seconde nous mène à Cuisery et, au passage, nous profitons d'un arrêt à Brou pour visiter la merveilleuse église. Par autorisation spéciale, je pars avec un chauffeur, Berthenet, jusqu'à Chalon Sur Saône où résident ses parents et je couche à nouveau dans un bon lit. Le lendemain, 23 décembre, nous attendons dans le froid le convoi.. Après avoir traversé de prestigieux vignobles, nous arrivons à Ladoix -commune de Serrigny- terme de notre voyage. Nous découvrons un local pour six chez un vigneron et nous l'aménageons sommairement.

 

Le lendemain, 24 décembre, nous allons à la messe de minuit à Serrigny où se trouve l'église et, au retour, nous improvisons un petit réveillon. La Banque de France qui m'a fait envoyer un colis par Corcelet, ne s'est pas moquée de ses agents mobilisés. Nous invitons nos hôtes, Mr et Mme Chanceaux -de très braves gens encore- et comme ils ne veulent pas être en reste, le pépé vigneron va chercher trois vieilles bouteilles dans sa cave, un nectar. Le lendemain, pour Noël, l'ordinaire fait figure de festin. En revanche, le menu du 1er janvier 1940 ne restera pas dans les annales.

Nous n'avons rien à faire et le temps se passe en corvées -cuisine, bois- à aménager la piaule pour laquelle Mr Chanceaux nous prête un "garlaud"(un poêle). Je vais visiter les célèbres hospices de Beaune. En dépit de quelques veillées sympathiques et arrosées chez Mr Chanceaux, on s'ennuie.

 

Suite à un télégramme convenu (Maurice malade), je bénéficie d'une permission du 22 janvier au 27. Je ne suis pas le seul ni le premier à utiliser cet artifice dont je doute que le capitaine soit dupe.

 

Des bruits de départ circulent. Le 8 février, pour la chandeleur, Mme Chanceaux nous invite à manger des crêpes et le pépé Chanceaux ne rate pas l'occasion d'aller chercher des bouteilles de Corton, le meilleur, celui qui est fait avec les raisins oubliés, pour son usage personnel.

 

Après des adieux à la famille Chanceaux, nous partons le 12 février et arrivons le jour même à Port Lesney où nous couchons dans une salle de bal glaciale. Le lendemain, nous dénichons un local malpropre que nous aménageons pour six -toujours les mêmes- Elle est au bord de la Loue, et face à la Poste.

Nous devons installer une ligne téléphonique à Salins en direction de Pontarlier. Le froid, très vif, contrarie souvent le travail. A Salins, je rencontre Mme Richard, une ancienne voisine à Rosny ; son mari est mobilisé comme spécialiste du téléphone.

 

On annonce un nouveau tour de permission et, comme j'ai le n° 3, je pars le 29 février.. pour Massy. Le temps passe toujours aussi vite et le 14 mars, je reviens à Port-Lesney. Le lieutenant Concordel, un de nos chefs et instructeurs, me demande comment cela se passe à Paris. Fête des Rameaux : les habitants du Port Lesney nous offrent un bon repas. A l'inverse, Pâques ne se distingue pas des autres jours. Je profite des instants de liberté pour découvrir les environs : Arc et Senans, Arbois. Une lettre de Thérèse, arrivée le 25 mars, m'annonce une grossesse. Où serais-je à la naissance ? Voilà une nouvelle qui porte autant de bonheur que d'inquiétudes.

 

A peine la Pologne digérée, les nazis s'activent à nouveau et envahissent le Danemark le 9 avril.

 

La ligne téléphonique, objet de notre mission, est terminée depuis longtemps et nous passons notre temps à la consolider en posant des jambes de force pour lesquelles il faut creuser dans le rocher.

 

Nous partons le 22 avril pour Bonnevaux et nous commençons à installer une ligne sur la route de Vaux. Une demande de permission de 48 heures pour la première communion de Maurice, le 4 mai, m'est refusée. Je suis de mauvaise humeur et ma nomination au grade de caporal, le 3, n'y change rien. Les crimes nazis continuent : le 10, c'est l'invasion de deux nouveaux pays neutres, la Hollande et la Belgique. A peine les galons de caporal cousus, je suis nommé "caborata" (chef des cuisines) quelle tuile ! Heureusement, dès le lendemain, je suis remplacé par un caporal-chef. Nous travaillons à la pose d'une ligne qui longe quelques lacs dont celui de Saint Point, un site magnifique.

 

Départ le 15 mai, ordres, contre-ordres, nous voici à Nozeroy où nous stationnons deux jours sans rien faire.

Nouveau départ le 18 mai, par Dijon. Nous arrivons à 22 h 30 à Mussay où chacun se débrouille pour coucher. Il m'échoit un bon lit chez une vieille dame. En route, nous avons croisé de nombreuses files de réfugiés. Nous repartons à six heures et croisons des Anglais près de Troyes. Et toujours des réfugiés qui fuient. Après avoir contourné Epernay bombardé, nous bivouaquons à Vaudremont. Le 20, c'est à 5 h 30 que nous démarrons ; par de petites routes, nous arrivons à Montgobert (Aisne). Nous avons traversé des villes évacuées -Dormans- croisé de nombreux réfugiés, une unité qui a perdu 19 hommes (4 tués, 15 blessés) sous un bombardement, constaté des pillages de magasins... Le lendemain, nous allons dans une ferme abandonnée à Neuville, près d'Hartennes. Le bétail qui erre lamentablement fait pitié.

 

Tous les jours qui suivent, ce sont souvent jusqu'à des heures tardives, des poses de lignes, des réparations après bombardement, des récupérations de fils. Nous sillonnons sans cesse les routes du secteur dont nous connaissons rapidement toutes les villes, villages et hameaux : Oulchy, Breny, Muret (où est installé le PC de l'EM), Villers-Helon, Rocourt, Bezuet, Soissons, Hartennes, Neuilly St Front, Saint Pierre Aigle...etc..

 

Le 2 juin arrive une lettre de Thérèse enfin rendue dans la famille à Farges en Haute-Loire. Ouf ! C'est un gros souci en moins.

 

Tous les jours, ce sont des canonnades, des bombardements, des lâchers de parachutistes. Le verrou de l'Aisne ne tient pas longtemps et nos troupes reculent. On voit les artilleurs monter au front avec des canons tractés par des chevaux, puis refluer sans leurs armes devenues inutiles faute de munitions. Le 5 juin, nous voyons tout de même un avion français abattre un adversaire allemand.

 

Le 7 juin, deux de nos équipes rentrent harassées ; elles ont été prises sous un bombardement et, par chance, reviennent sans casse. On ne sait pas exactement où sont les boches et il est à peu près certain qu'à une ou deux reprises, nous avons été dépassés par leurs avant-gardes. Heureusement, nous avons d'excellents chauffeurs qui savent trouver des routes secondaires, contourner les lieux et noeuds routiers bombardés ou couper à travers champs. Nous recevons à notre tour l'ordre de décrocher et, à 2 h du matin, nous arrivons à Sommelans.

 

Le 8 juin, levés à 6 heures, nous partons pour de multiples missions et nous remontons même jusqu'à Villers-Helon. A Oulchy, ma section est prise sous un bombardement ; éclatements de tous côtés, mitraillage en rase-mottes de la rue principale, immeubles endommagés, hommes et chevaux tués. A l'exception d'une porte de camion touchée, nous nous tirons sans dommage de cet enfer.

 

A 21 h, nous quittons Sommelans, passons Chateau-Thierry déserté, traversons la Marne sur un pont intact pour nous arrêter à Nesle la Montagne. Nous n'y restons pas, et le 9 allons à Verdelot. Nouvelles missions ; je tiens notamment le central téléphonique de Nogent l'Artaud dont le responsable est parti. Le 10 juin, Chateau-Thierry est bombardé et après de nouvelles missions qui se révèlent sans utilité, nous quittons Verdelot à 16 h. Par La Ferté-Gaucher, nous arrivons à Vieux-Maisons et couchons dans l'écurie du château de Mr Didot. Nous apprenons que l'Italie vient de nous déclarer la guerre ! Le 11, nous prenons un jour de repos à Vieux Maison et ce n'est pas du luxe.

Le 12, nouveau départ, Provins, Nogent Sur Seine et arrivée à Fréparoy où nous couchons dans une ferme.

Des files interminables de réfugiés paralysent le trafic militaire. On évacue Nogent Sur Seine ; les boches seraient à Persan, à 20 km de Paris. A 16 h, ordre de déployer du câble entre Fréparoy et La Motte Tilly où s'est installé le QG, mais à 20 h, nouvel ordre de lâcher ce travail, récupérer le matériel et partir.

 

Le 14, à 3 h, nous sommes à Joigny, puis nous traversons la Loire à Bonny et cherchons un cantonnement à Sury en Méré. Le lendemain, nous repartons à 13 h, passons la Chapelle d'Angillons et cantonnons dans la ferme des Ruesses, près de Presly. Nous découvrons à proximité un avion allemand abattu.

Le 17, c'est à 4 h 30 que nous partons. Nous cassons la croûte à Saint Aout et couchons à Sassierges St Germain. Nous apprenons à 13 h que le nouveau gouvernement du Maréchal Pétain demande les conditions d'un armistice.

Le 18, nous sommes à Velles, un hameau de Vauzelles. Des soldats du 18ème viennent d'en partir, abandonnant tout sur place, armes, barda et même affaires personnelles.

Le 19, nous entendons un bombardement au loin ; est-ce Chateauroux ? Partis à 18 h, nous campons en bordure de forêt, à 1 500 m de Lafat où nous restons le lendemain et le 21 au matin. Nous jetons les livres et revues du Foyer et je préviens l'institutrice qu'elle pourra faire de la récupération pour son école.

Le 21, à 15 h, nous partons pour Les Allois, à proximité de Saint Léonard de Noblat, et nous installons deux lignes. La pagaille est stupéfiante, des soldats isolés cherchent leur unité et l'on parle d'armistice.

Celui-ci est signé avec les allemands le 23 juin 1940.

Le 24, nous allons à Saint Médard où nous nous faisons engueuler par un agriculteur irascible soucieux de ménager son pré. Un second armistice est signé avec l'Italie. Enfin, le 25 juin, nous allons cantonner à Aureil.

 

Une longue et pénible attente va nous clouer sur place pendant deux mois, la démobilisation étant sans cesse renvoyée à plus tard. Les lettres n'arrivent plus ! ce qui n'améliore pas le moral. Le 3 juillet, tous les hommes, même les cuistots, reçoivent la croix de guerre, officiellement pour avoir exécuté les missions demandées et battu en retraite en bon ordre, officieusement pour avoir sauvé les hommes et le matériel. C'est plus particulièrement vrai pour ma section dépassée par les Allemands et que l'on croyait prisonnière et que j'ai réussi -merci chauffeur- à ramener au reste de la compagnie. Cette croix, c'est celle de la défaite et je ne la porterai jamais. (elle resta effectivement au fond d'un tiroir).

 

Le 4 juillet, les Anglais bombardent et détruisent notre flotte à Mers El Kébir, de nombreux marins sont tués et il en résulte une grave tension entre ce qui reste de la France et l'Angleterre. Au fil des jours, nous rendons le matériel PTT, puis militaire, les camions, le barda non indispensable. Les agriculteurs et les artisans de la "zone libre" sont démobilisés et peu à peu, il ne reste que quelques malheureux domiciliés en zone occupée. J'apprends que les bagages des partants sont fouillés et qu'on leur retire le tabac non fumé, des effets militaires en double. Aussi, je fais des paquets que j'envoie à Thérèse par la poste civile. Je me démène auprès des autorités militaires pour obtenir une démobilisation, en vain, c'est un mur d'incompréhension.

 

Notre compagnie est dissoute le 23 juillet et ce qu'il en reste s'installe à Chigaux (un hameau de Rigoulène). Un certificat de travail et d'hébergement envoyé par mon père, maire de Tailhac où il est agriculteur, m'est refusé. Voyant cela, je fais intervenir des chefs de convois de billets de la Banque de France se rendant à la succursale de Limoges et qui passent devant notre cantonnement. Les départs se poursuivent, mais pas pour la zone occupée et le capitaine Boyer, qui commandait notre compagnie, est lui-même démobilisé alors que certains de ses hommes restent en rade ! Au cours de mes pérégrinations, je rencontre le vaguemestre de St Léonard : il avait fait suivre mes lettres à Rosny et comme elles ne peuvent pas passer la "ligne de démarcation" que sont-elles devenues ? A deux reprises, des soldats excédés par cette attente stérile, agressent des officiers du bureau sans autre sanction que le rappel à une discipline qui n'existe plus. Le 18 août, j'écris à Thérèse la lettre n° 100 (depuis le début de l'année).

 

Enfin, enfin, ça y est ! Le 29 août, je reçois un certificat d'emploi de la Banque de France et j'obtiens du nouveau capitaine mes papiers de démobilisation et mon départ le jour même, alors qu'il voulait encore le repousser au lendemain.

 

Je vais par le train à Ussel, puis à Clermont Ferrand. A Chamalières, Mr Blanc, chef de la Caisse Générale, fait établir mes papiers de rapatriement et, en attendant, m'accorde six jours de congés à Tailhac. Ce n'est qu'en retrouvant Thérèse, les enfants et ma famille que je comprends que le cauchemar est fini.

De retour à Chamalières, je reprends contact avec le travail et je loge dans un hôtel convenable à Royat.

 

Notre retour à Rosny s'effectue le 15 septembre 1940, avec pas mal de bagages. A Moulins, un officier allemand soupçonneux regarde les compartiments des wagons et rappelle l'interdiction de passer des lettres. J'en ai une dans ma chaussure adressée par Mme Boutonnet à son mari à Paris. Le reste du voyage se termine sans problème.

 

A Rosny, notre maison est intacte. Mr Vignardet, notre voisin, nous a vu passer ; sans nouvelles, il me croyait prisonnier et avait commencé à arracher les pommes de terre du jardin. Il nous porte ce qui lui en reste.

 

Les collègues, à la Banque, ne sont pas moins surpris de me voir et on est sans nouvelles de plusieurs. Tous se plaignent de la carence du ravitaillement et il faut faire la queue partout, ce qui ne convient guère à l'état de Thérèse. Je profite d'un convoi de billets à Troyes, pour lequel je suis désigné, pour remplir une petite valise de produits alimentaires de première nécessité. Très vite, je regretterai son exiguité et mon portefeuille trop peu garni.

 

On ne savait pas encore que les nazis allaient mettre notre pays en coupe règlée et que la période de vaches maigres durerait quatre ans et même un peu plus.

 

R. CHARBONNIER

 

NB : Cette synthèse montre à quel point l'organisation défaillante était remplacée par le "système D". Le gouvernement français, et Daladier au premier chef, savaient pourtant depuis 1938 que les accords de Munich n'étaient qu'une étape sur le chemin de la guerre. Dans ces conditions, pouvait-on gagner contre une armée performante, organisée et sans scrupule ?