| La Guerre d'Afrique du Nord
 

Témoignage d'un appelé de l'Armée de l'Air
à Blida en 1961

    
  Incorporé en juillet 1961 dans l'Armée de l'Air (classe 61/3), j'ai rejoint directement l'Algérie où j'ai fait mes classes sur la base aérienne de Blida (juillet - septembre 1961).
Ensuite j'ai été affecté à la B.A. (sans avion) de Mouzaïaville
(patrie de la famille fondatrice d'Orangina) où une partie des effectifs transmissions de l'Armée de l'Air était formée.
   
 

ur cette base aux dimensions restreintes, où le Sergent
de semaine traquait les oisifs et leur attribuait généreusement

des corvées gratifiantes, la résistance des appelés s'organisait dans la plus pure tradition de Courteline ! Cependant ces épisodes désopilants ne sauraient ôter de ma mémoire les opérations de garde et de surveillance auxquelles nous étions astreints.
 

Ainsi, en plus de vacations effectuées jour et nuit au sommet de "poubelles" (guérite cylindrique haut perchée sur des pieds tubulaires) disposées en périphérie du cantonnement, nous étions amenés à faire des protections de fermes installées à une dizaine de kilomètres de notre base dans les superbes orangeraies de la Mitidja.

L'équipe de protection était composée de trois gamins de 20/21 ans commandés par l'un des leurs "faisant fonction de caporal".
Puissamment armé (F.M, Mat 49, grenades et postes émetteurs-récepteurs)
le groupe patrouillait aux alentours de l'habitation du colon, puis, la nuit venue, s'enfermait dans un mirador pourvu d'un fort projecteur.
Nous organisions la surveillance par roulement et adressions toutes les heures
un message radio à notre Base. Nous guettions l'arrivée du jour, synonyme de récupération par un camion venu du cantonnement voisin. Notre retour était joyeux car notre Base était un havre sûr.

En décembre 1961, après trois mois de gardes diverses, j'ai reçu mon affectation pour Alger la blanche.

Avec le recul,  j'éprouve une inquiétude rétrospective devant notre "légèreté" militaire. En effet, les membres de ces équipes de protection étaient pour la majorité peu aguerris et une attaque menée par des fellaghas déterminés et connaissant bien le terrain aurait pu avoir des conséquences tragiques.

 


Guéret le 20 mai 1999