| La Guerre d'Indochine
 
 
EMBARQUEMENT A MARSEILLE
ET DÉBARQUEMENT A SAÏGON
 
  
 

Engagé volontaire dans un corps de troupe guerre 1939-1945.

J’ai décidé de changer d’arme à la fin de mon contrat.

J’ai choisi de servir dans un corps d’élite prestigieux : la Gendarmerie.

Après un stage en école spécialisée à l’Arme, j’ai été affecté en France pendant une année.

Étant sous-officier de carrière, j’ai été désigné le 17 juillet 1952, pour servir en légion, en Extrême-Orient, en qualité de chef de section, afin de rejoindre mon affectation en Indochine.

Arrivé au port de Marseille, le paquebot " Pasteur " nous attendait pour la dite destination.

Mon nom étant la 3ème lettre de l’alphabet, les premiers sont toujours bons pour les corvées.

Travail de surveillance ingrat !…-embarquement de munitions- les dockers me voyant partir combattre les leurs, m’insultaient en me prédisant des ablations de toutes sortes, des parties et du corps.

Pendant les 17 jours de voyage sur le " Pasteur ", j’encadrais des hommes de toutes armes (surveillance police du bord, etc…).

En mer de Chine, arrivé au Cap Saint Jacques, j’ai transité sur un pétrolier, le paquebot "Pasteur " ne pouvant remonter la rivière de Saïgon, celle-ci n’ayant pas assez de fond.

Malgré une protection importante de marins et de nous-mêmes, les Viets nous attendaient de chaque côté de la rivière, nourris d’un feu puissant. Coups de mortier, rafales de fusils mitrailleurs, de part et d’autres, faisant quelques blessés.

Nous ripostions tous de notre mieux, malgré la peur.

Arrivé au port de Saïgon, le bateau à quai, le débarquement se fait avec armes et bagages, etc..

Je descends la passerelle ; en mettant les pieds à terre, surprise ! un vietnamien (communiste peut-être) me présente ma photo d’identité. Stupéfait, je me demande comment il avait pu se la procurer. Après réflexion, avant de rejoindre ma légion, je me suis dit : il y a certainement des fuites dans divers ministères à Paris ?

Après prise de contact avec le commandant de légion le lendemain de mon débarquement, je rejoins un poste de brousse du Sud Annam.

Transport voie ferrée, train dénommé " La Rafale ". Voyageant pêle-mêle, parmi les annamites, hommes et femmes chiquant du bétel, odeurs fétides, giclées de bétel, par-ci par- là, sur nous, tout le long du voyage.

Arrêt du train parfois, suite à embuscades des Viets en brousse, non sans dommages ; il fallait poursuivre tout en nous protégeant.

Arrivé au poste désigné, le surlendemain, deux de mes camarades sous-officiers tués, drapeau tricolore sur le cercueil, 26 supplétifs dans le même état.

J’ai fait la relève de ce poste le soir, attaque des Viets, pour connaître ma réaction.. Je ne veux plus m’étendre : sur 17 que nous étions, à notre retour nous sommes revenus à trois.